Par wissam bougherara — université de bordeaux · 26 février 2026
Vaiana transforme de l'avoine, du blé et du seigle issus d'exploitations françaises sur un site unique. Sans bilan GES structuré, l'entreprise ne peut ni se conformer à la CSRD (elle dépasse les seuils avec 320 salariés et 78 M€ de CA), ni répondre aux exigences croissantes de ses clients GMS et bio. Le scope 3 amont principalement les engrais azotés utilisés par les céréaliers partenaires et représente estimativement 70 à 80 % du bilan carbone total, et reste aujourd'hui non mesuré. La proposition consiste à réaliser un bilan GES complet via l'outil ADEME Bilan Carbone, en cartographiant les émissions scope 1 (énergie de torréfaction et d'enrobage sur site), scope 2 (électricité achetée) et scope 3 catégorie 1 (intrants agricoles des exploitations partenaires). Un objectif de réduction aligné SBTi sera fixé : -30 % scope 1+2 d'ici 2030 et -20 % scope 3. Les agriculteurs partenaires seront accompagnés pour intégrer un critère IFT (Indice de Fréquence de Traitement) dans leurs cahiers des charges, réduisant simultanément l'empreinte phytosanitaire. Les résultats seront publiés en ESRS E1 dans le premier rapport CSRD de Vaiana, avec vérification par un organisme tiers accrédité.
La proposition de Vaiana est excellente, elle aborde de manière très pertinente la problématique cruciale du bilan GES et de la décarbonation pour une entreprise agro-industrielle. Elle intègre les exigences réglementaires imminentes et propose des actions concrètes et mesurables. L'approche est stratégique, alignant conformité, attentes clients et objectifs de durabilité.
La proposition est centrée sur le pilier Environnemental (E) des ESG, avec un focus clair sur la réduction de l'empreinte carbone. La prise en compte du scope 3 amont, notamment les intrants agricoles, est essentielle pour le secteur. L'objectif de réduction aligné SBTi démontre une ambition forte et une volonté de s'engager sur des cibles scientifiquement fondées. L'intégration de l'IFT pour les agriculteurs partenaires touche également au pilier Social (S) via les relations fournisseurs et les pratiques agricoles durables.
Points forts :
Focus sur le pilier E (Environnement) avec la décarbonation comme objectif central.
Prise en compte du scope 3 amont, crucial pour l'agro-industrie.
Fixation d'objectifs de réduction alignés SBTi.
Intégration d'un critère IFT pour les agriculteurs partenaires, impactant aussi le S.
Points à améliorer :
Pourrait expliciter davantage la dimension Gouvernance (G) dans la mise en œuvre du projet (ex: rôle du conseil, transparence interne).
L'entreprise dépasse les seuils de la CSRD (320 salariés, 78 M€ CA), rendant le reporting extra-financier obligatoire dès janvier 2025. La proposition répond directement à cette exigence en planifiant un bilan GES complet et sa publication selon les ESRS E1. La vérification par un organisme tiers accrédité est un gage de conformité et de crédibilité, essentiel pour éviter tout risque de greenwashing. L'utilisation de l'outil ADEME Bilan Carbone est une bonne pratique reconnue en France.
Points forts :
Réponse directe et proactive à l'obligation CSRD (taille de l'entreprise).
Planification du reporting selon les ESRS E1 (Changement climatique).
Prévision de vérification par un organisme tiers accrédité, renforçant la crédibilité.
Utilisation de l'outil ADEME Bilan Carbone, référence nationale.
Points à améliorer :
S'assurer que d'autres ESRS pertinents pour l'agro-industrie (E2 Pollution, E3 Eau, E4 Biodiversité, S1 Effectifs propres) seront également évalués dans le cadre de la double matérialité, même si E1 est prioritaire.
La proposition utilise l'outil ADEME Bilan Carbone, qui est une solution digitale pour la mesure des émissions. L'accompagnement des agriculteurs pour intégrer l'IFT dans leurs cahiers des charges suggère une potentielle digitalisation du suivi de ces données. Cependant, la proposition ne détaille pas explicitement l'usage d'IA, de frugalité numérique ou de traçabilité digitale avancée, qui pourraient compléter l'initiative. Il y a un potentiel pour renforcer cet axe.
Points forts :
Utilisation d'un outil digital (ADEME Bilan Carbone) pour la mesure des émissions.
Collecte de données IFT auprès des agriculteurs, potentiellement digitalisée.
Points à améliorer :
Explorer l'intégration de solutions d'IA pour l'optimisation des intrants agricoles ou la prédiction des rendements.
Considérer la digitalisation de la traçabilité des céréales pour une meilleure gestion des données environnementales.
Appliquer les principes de frugalité digitale dans le choix des outils et des infrastructures IT pour le projet.
La proposition contribue indirectement à la souveraineté alimentaire en renforçant la résilience de la filière céréalière française. En accompagnant les agriculteurs partenaires vers des pratiques plus durables (réduction de l'IFT), Vaiana encourage une agriculture moins dépendante des intrants chimiques, ce qui est un enjeu de souveraineté. Le fait de transformer des céréales issues d'exploitations françaises soutient également l'approvisionnement local. La contractualisation et l'accompagnement des agriculteurs sont des leviers pour renforcer la résilience de la chaîne d'approvisionnement.
Points forts :
Soutien à la filière céréalière française et aux approvisionnements locaux.
Accompagnement des agriculteurs partenaires vers des pratiques plus durables (réduction IFT).
Renforcement de la résilience de la chaîne d'approvisionnement par la collaboration.
Points à améliorer :
Évaluer la vulnérabilité de l'approvisionnement en engrais azotés et explorer des alternatives (ex: légumineuses, méthanisation).
Mettre en place des contrats pluriannuels avec les agriculteurs pour sécuriser les volumes et les pratiques durables, en lien avec EGalim.
Comment Vaiana compte-t-elle accompagner concrètement les agriculteurs pour réduire l'IFT et les émissions liées aux engrais azotés (formation, incitations financières, outils d'aide à la décision) ?
Quels sont les autres ESRS pertinents (E2 Pollution, E3 Eau, E4 Biodiversité) qui seront couverts par la double matérialité et comment les données seront-elles collectées et rapportées ?
Comment la digitalisation de la traçabilité des céréales de la ferme à l'usine pourrait-elle compléter cette démarche et fournir des données plus granulaires pour le bilan GES ?
Quelles sont les opportunités pour intégrer l'IA dans l'optimisation des processus de torréfaction et d'enrobage pour réduire les consommations énergétiques (scope 1 et 2) ?
Comment Vaiana envisage-t-elle de communiquer sur ses progrès en matière de décarbonation auprès de ses clients GMS et bio au-delà du rapport CSRD ?
Réaliser une analyse de double matérialité complète pour identifier tous les ESRS pertinents au-delà de E1, en particulier E2 (Pollution), E3 (Eau) et E4 (Biodiversité), compte tenu de l'activité agricole.
Mettre en place un programme d'accompagnement et de formation structuré pour les agriculteurs partenaires, incluant des incitations (financières ou techniques) pour la réduction de l'IFT et l'adoption de pratiques agroécologiques.
Explorer l'implémentation d'une solution de traçabilité digitale (ex: blockchain) pour les céréales, permettant de collecter et de vérifier les données environnementales directement à la source.
Évaluer les opportunités d'optimisation énergétique sur site via l'IA pour les processus de torréfaction et d'enrobage afin d'accélérer la réduction des scopes 1 et 2.
Développer une stratégie de communication RSE robuste et vérifiable, s'appuyant sur les données auditées du rapport CSRD, pour valoriser les efforts auprès des clients et consommateurs.
Risque de non-atteinte des objectifs de réduction du scope 3 si l'accompagnement des agriculteurs n'est pas suffisamment robuste ou incitatif.
Risque de greenwashing si les données publiées ne sont pas rigoureusement vérifiées par un tiers indépendant et si la communication dépasse les faits avérés.
Risque de complexité dans la collecte des données scope 3 amont auprès de multiples agriculteurs, nécessitant des outils et processus efficaces.
Risque de ne pas identifier et rapporter tous les ESRS pertinents pour l'activité agro-industrielle, entraînant une non-conformité partielle à la CSRD.
Lancer l'appel d'offres pour la réalisation du bilan GES complet (scopes 1, 2, 3) avec l'outil ADEME Bilan Carbone et un cabinet spécialisé.
Démarrer l'analyse de double matérialité pour identifier l'ensemble des ESRS applicables et prioriser les actions de collecte de données.
Élaborer un plan d'action détaillé pour l'accompagnement des agriculteurs partenaires sur la réduction de l'IFT et des émissions liées aux intrants.
Désigner un chef de projet interne pour piloter la démarche CSRD et coordonner les différentes parties prenantes (production, achats, R&D, agriculteurs).
Sélectionner un organisme tiers accrédité pour la vérification future du rapport CSRD.
ADEME
Référentiel pour l'outil Bilan Carbone et les méthodologies de quantification GES.
https://www.ademe.frEUR-Lex
Source officielle pour la directive CSRD et les normes ESRS, notamment ESRS E1.
https://eur-lex.europa.euGRI Standards
Bien que la CSRD soit le cadre principal, les GRI 305 (Émissions) et 304 (Biodiversité) sont des outils pertinents pour la mesure et le reporting.
https://www.globalreporting.orgSBTi (Science Based Targets initiative)
Cadre pour la définition d'objectifs de réduction des émissions alignés sur la science climatique.
https://sciencebasedtargets.orgIPBES
Informations sur la biodiversité et l'impact des pratiques agricoles, pertinent pour l'IFT et les pollinisateurs.
https://ipbes.net